Les philosophes du XVIIIe siècle se conçoivent eux-mêmes en lutte contre les ténèbres. Ténèbres de l'ignorance, du despotisme, de la superstition. Aussi vont-ils emprunter au registre de la clarté et de la lumière les noms qui désignent ce mouvement.
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Cela dans les différents pays, les diverses langues européennes, c’est l’illuminismo en Italie, l’ilustración en Espagne, l’Aufklärung en Allemagne. Ces termes désignent bien sûr le passage de l'obscurité au jour, de l'obscurantisme à la connaissance rationnelle.
À cette époque, les Lumières françaises conquièrent l'Europe cultivée. Et Voltaire note en 1765 : «Il s'est fait une révolution dans les esprits [...]. La lumière s'étend certainement de tous côtés ». Cette diffusion des idées des penseurs européens se fait grâce à des réseaux multiples : les salons, les académies, les bibliothèques. Grâce aussi à un ouvrage qui incarne à lui seul cette vaste entreprise humaniste et savante des Lumières : l'Encyclopédie.
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Avec dix-sept volumes de texte, onze volumes de planches gravées, des dizaines de collaborateurs, des milliers d’articles, et vingt-cinq années de travail elle est la somme des connaissances de ce temps. Ses créateurs voulaient que muni de cet ouvrage tout honnête homme puisse échapper aux préjugés, aux fausses vérités, à l’ignorance et avoir un accès direct au savoir.
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Mais parmi quoique réservé aux couches supérieures. Elle concentre tous les caractères des Lumières : à la fois théiste, tolérante, libérale, humaniste. Elle connaît un succès foudroyant dans toute l'Europe, où en 1789 l'on compte des milliers de loges. Les milieux civils, militaires et même religieux, liés aux appareils d'État, y sont tout particulièrement gagnés. Les loges contribuent à répandre les idées philosophiques . Et les élites y font, plus encore que dans les académies, l'apprentissage de la prééminence de l'égalité des talents sur les privilèges de la naissance.
Il faut ici relever que l’on ne parle plus de Lumière au singulier, mais de Lumières au pluriel.